Moins d'une heure plus tard, dans un coin de la ville, Mary s'affolait légèrement. Elle craignait de s'être perdue. Les passants ne manquaient pas mais son courage semblait s'être réfugié loin d'ici. Il fallait pourtant bien qu'elle se décide avant de prendre racine. Lorsqu'elle croisa une femme à l'allure sympathique, elle enfouit sa timidité au plus profond d'elle-même et l'aborda.
- Veuillez m'excuser madame, je cherche la rue des Oliviers.
- Oh mais vous n'êtes plus très loin. Vous continuez tout droit et c'est la première à votre droite. Vous y serez dans quelques minutes.
Et voilà, c'était aussi simple que ça. Une fois son devoir accompli, son interlocutrice poursuivit tranquillement son chemin sans lui porter plus d'attention. Elle ne s'était ni montrée brutale ni grossière. Elle avait donc paniqué pour rien. Elle ne lui avait pas menti non plus, en peu de temps elle arriva à destination.

Elle fixa la maison qui se dressait devant elle et sentit une nouvelle fois l'anxiété lui pincer le cœur. Elle craignait que les habitants ne la reconnaissent pas ou pire encore, refusent de lui ouvrir leur porte. Mais ce n'étaient que des inepties, elle tentait uniquement de repousser cet instant. Comment les Calaway pourraient-ils s'offusquer de sa présence ?
Elle poussa la barrière, parcouru la courte allée qui la séparait de son but et arriva enfin à la porte d'entrée. Elle toqua. Du bruit lui parvint faiblement aux oreilles.
- Walter, tu pourrais aller ouvrir s'il te plait ? J'ai les mains recouvertes de produit de vaisselle !
Mary entendit le concerné se plaindre à propos d'un match de foot suivit de pas trainants. Ses mains moites se crispèrent sur son pull lorsqu'il ouvrit la porte.
- Bonjour M. Calaway, balbutia-t-elle. Vous me reconnaissez ?
- Suzie, haussa-t-il la voix à l'intention de sa femme. Tu devrais remettre ta vaisselle à plus tard...











Commentaires